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Bande dessinée

Anaïs Nin sur la mer des mensonges

Léonie Bischoff

LE PITCH :

Début des années 1930. Anaïs Nin vit en banlieue parisienne et lutte contre l’angoisse de sa vie d’épouse de banquier. Plusieurs fois déracinée, elle a grandi entre 2 continents, 3 langues, et peine à trouver sa place dans une société qui relègue les femmes à des seconds rôles. Elle veut être écrivain, et s’est inventé, depuis l’enfance, une échappatoire : son journal. Il est sa drogue, son compagnon, son double, celui qui lui permet d’explorer la complexité de ses sentiments et de percevoir la sensualité qui couve en elle. C’est alors qu’elle rencontre Henry Miller, une révélation qui s’avère la première étape vers de grands bouleversements…

Auteur·e Sortie Editeur·rice
Léonie Bischoff
26/08/2020
Casterman

MON AVIS :

Je ne sais pas réellement par où commencer avec Anaïs Nin : Sur la mer des mensonges. On m’avait présenté cette bande dessinée comme une œuvre féministe, libératrice, avec le portrait d’une femme forte qui cherche à s’affirmer, à vivre pleinement sa liberté et à s’émanciper des attentes imposées aux femmes. C’est d’ailleurs ce que j’ai ressenti au début de ma lecture.

La première chose qui m’a immédiatement accrochée est l’aspect visuel. J’ai adoré le design des personnages, le trait et surtout la colorimétrie qui donne parfois l’impression d’avoir été réalisée avec un crayon quatre couleurs. Il y a une vraie identité graphique qui rend la lecture agréable et qui m’a permis de rentrer facilement dans l’univers.

Cette bande dessinée biographique nous fait découvrir Anaïs Nin, écrivaine connue pour ses journaux intimes et ses textes érotiques, considérée comme une figure importante de la littérature féminine. On la suit dans sa vie personnelle, notamment dans son mariage avec un artiste devenu banquier pour subvenir à leurs besoins, une relation qui semble peu à peu l’enfermer et nourrir chez elle un besoin de liberté, d’expérimentation et de nouvelles expériences.

L’histoire en elle-même est loin d’être mauvaise. Le récit est bien construit et permet de découvrir une personnalité complexe, mais c’est justement cette personnalité qui m’a mise mal à l’aise au fil des pages. Je m’attendais à découvrir davantage une femme qui se libère à travers son écriture, son art et sa création, mais j’ai surtout découvert une femme profondément marquée par ses traumatismes, ses contradictions et son rapport très particulier à la sexualité.

Le point qui m’a le plus dérangée concerne son rapport à l’inceste, qui prend une place importante dans la compréhension du personnage. Même si la bande dessinée cherche à montrer la complexité d’Anaïs Nin et ses blessures personnelles, j’ai eu beaucoup de mal à ne pas ressentir un malaise face à certains aspects de son histoire. Cela rend le personnage difficile à appréhender, car derrière l’image d’une femme libre et assumée, on découvre aussi quelqu’un qui semble parfois prisonnière de ses propres traumatismes.

Je ressors donc de cette lecture avec un sentiment partagé. J’ai aimé découvrir cette figure importante de la littérature, j’ai énormément apprécié la partie graphique et l’ambiance de la bande dessinée, mais je reste frustrée de ne pas avoir davantage découvert Anaïs Nin en tant qu’autrice et créatrice. J’aurais aimé que son œuvre, son écriture et son parcours artistique prennent plus de place que sa vie intime, même si je l’imagine, ce n’était pas le point de vu rechercher l’autrice.

Anaïs Nin : Sur la mer des mensonges reste malgré tout une bande dessinée intéressante, notamment parce qu’elle propose le portrait d’une femme complexe, loin d’être parfaite, mais qui laisse forcément une impression mitigée après lecture.

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